L'Indonésie garde 70 % de son gaz : Singapour serre la vis en premier
L'Indonésie, troisième producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie-Pacifique, a annoncé une réduction de ses exportations de gaz vers Singapour à compter de samedi. La baisse prévue est de 31 milliards de BTU par jour, soit environ 30 % des volumes livrés à la cité-État, dans le cadre d'une politique qui réserve désormais 70 % de la production gazière nationale à la consommation intérieure. Cette décision, confirmée par le ministère de l'Énergie et des Ressources minérales, s'inscrit dans un effort plus large pour sécuriser l'approvisionnement énergétique de l'archipel face à une demande en hausse de 5 % par an. Pour Singapour, qui importe 95 % de son gaz naturel d'Indonésie et de Malaisie, cette coupe brutale pourrait faire bondir les prix de l'électricité de 15 à 20 % dès le premier trimestre et menacer la compétitivité de ses industries manufacturière et pétrochimique, déjà sous pression. Les autorités de Singapour explorent des alternatives d'urgence : augmentation des importations de GNL par bateau (capacité portuaire limitée à 10 % de la demande actuelle), activation de réserves stratégiques et appel à l'Australie pour un supplément de livraisons. L'onde de choc touchera aussi les prix du gaz en Asie du Sud-Est, où l'Indonésie est un fournisseur clé pour la Thaïlande et les Philippines.