Un pont Russie-Corée du Nord envoie un signal fort à la Chine
Le 7 septembre, la Russie et la Corée du Nord ont inauguré le premier pont routier dédié entre les deux pays, reliant Rason (Corée du Nord) à Khasan (Russie). Ce pont, qui permet un trafic transfrontalier toute l'année et réduit les coûts de transport, vise à renforcer la coopération économique bilatérale. Pour la Chine, ce projet est un signal clair : son influence sur Pyongyang, longtemps considérée comme prépondérante, se heurte désormais à la montée en puissance de la Russie dans la région nord-est asiatique. Le pont de Yalu, construit par la Chine entre Dandong et Sinuiju, reste inutilisé depuis des années, un symbole des limites de l'emprise économique chinoise sur Pyongyang. Cette nouvelle infrastructure russo-nord-coréenne pourrait redéfinir les équilibres stratégiques en Asie du Nord-Est, en offrant à la Corée du Nord une alternative à la dépendance chinoise. Pour les observateurs, cela signifie que Pékin doit composer avec un rival russe de plus en plus actif sur son flanc nord-est, ce qui pourrait fragiliser ses intérêts sécuritaires et commerciaux à long terme.