Bessent défie les marchés, Tokyo et la Fed : le yen et les taux lui résistent
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent tente d'influencer les marchés en menaçant les traders qui parient contre ses objectifs (pétrole, rendements obligataires, yen), mais se heurte à la réalité : le brut a repassé les 100 dollars le baril, les rendements US à 10 ans approchent 5 % malgré un vaste programme de rachat du Trésor, et le yen s'affaiblit malgré une intervention conjointe Etats-Unis-Japon — la première depuis 1998. Cette opération de soutien, qui a temporairement renforcé la devise nippone, repose sur deux bases fragiles : la première ministre japonaise Sanae Takaichi, dont la cote de popularité chute et l'économie stagne, a tout intérêt à maintenir un yen faible pour soutenir les exportations (+25 % sur un an) ; la seconde est que le véritable adversaire de Bessent est la Fed, pas Tokyo, car la politique de yen sous-évalué est officielle au Japon depuis la fin des années 1990. La hausse des rendements souverains japonais à 3 % (plus haut depuis 30 ans) traduit la pression des « bond vigilantes ». Pour Bessent, ces déboires érodent sa crédibilité à Wall Street et compliquent sa stratégie de retour dans la finance privée après son mandat au Trésor. Pour le Japon, le maintien d'un yen faible malgré les tensions avec Washington risque de provoquer des représailles commerciales américaines et de fragiliser la reprise économique nippone.