La ministre indienne des Finances pointe l'excès de liquidité qui pénalise la Bourse
Lors des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, la ministre indienne des Finances Nirmala Sitharaman a déclaré que la facilité de sortie offerte par l'abondante liquidité du marché actions indien encourage les investisseurs étrangers à vendre. Depuis janvier, les indices clés de la Bourse de Bombay (Sensex, Nifty) ont chuté de près de 12 %, malgré une croissance économique résiliente. Les investisseurs étrangers ont vendu pour plus de 33 milliards de dollars d'actions indiennes cette année, selon NSDL, un record de sorties. Sitharaman attribue ce phénomène à la liquidité excessive qui permet des sorties faciles, mais aussi à la fuite des capitaux vers l'IA et les États-Unis, au détriment de l'Inde. Elle s'inquiète des risques de 2027 : carburant, engrais et flux de capitaux. Par contraste, les fonds domestiques continuent d'affluer : les mutual funds indiens enregistrent des entrées nettes chaque mois depuis mars 2021. Cette situation crée un paradoxe : l'Inde reste attrayante pour les investisseurs locaux, mais les étrangers se détournent, faute de rendements comparables et par peur de la bulle IA. Pour les entreprises et les fonds, cela signifie que les sorties se font à bon compte, mais que les nouvelles introductions en Bourse (IPO) sont de moins en moins des levées de fonds pour financer la croissance, puisque 63 % des 60,4 milliards de dollars levés entre 2021 et 2025 sont allés à des actionnaires existants, selon EY. En clair, le marché indien devient un terrain de jeu pour les sorties plus que pour les entrées, ce qui pénalise les entreprises qui cherchent des capitaux frais. Cette dynamique pourrait s'inverser si la banque centrale resserre la liquidité, mais cela risquerait de freiner une économie encore fragile.