Terres rares : le duopole chinois qui verrouille la production mondiale
Depuis 2024, la Chine concentre l'intégralité de ses quotas de production de terres rares entre deux entreprises publiques : China Northern Rare Earth (basée à Baotou, Mongolie-Intérieure) et China Rare Earth Group (CREG, basée à Ganzhou, Jiangxi). La première domine les terres rares légères (néodyme, praséodyme) utilisées dans les aimants permanents ; la seconde contrôle les terres rares lourdes (dysprosium, terbium), bien plus rares et stratégiques pour les chaînes d'approvisionnement militaires. Cette répartition nord-sud découle de la géologie des gisements, mais aussi de choix politiques : Pékin a restructuré le secteur pour centraliser le pouvoir et endiguer la contrebande, révélant les limites de sa capacité étatique dans le sud. Le duopole permet à la Chine d'exercer un levier quasi absolu sur les approvisionnements mondiaux, menaçant directement les industries de défense et de haute technologie des États-Unis et de leurs alliés. En cas de conflit, Pékin pourrait imposer un embargo ciblé sur les terres rares lourdes, paralysant la production d'aimants pour missiles, drones et véhicules électriques occidentaux.