Détente Inde-Chine : New Delhi bien plus dépendante de Pékin que l'inverse
La rencontre entre Narendra Modi et Xi Jinping au sommet des BRICS à New Delhi a ouvert une nouvelle ère de relations bilatérales, après des années de tensions frontalières depuis 2020. Mais derrière ce réchauffement diplomatique se cache une réalité économique brutale : l'Inde a importé 131,6 milliards de dollars de produits chinois en 2025-2026, contre seulement 19,5 milliards d'exportations vers la Chine, creusant un déficit commercial de 112,1 milliards. Ce déficit a plus que doublé depuis 2021 (44 milliards), porté par des importations de machines électriques (43,2 milliards), d'équipements mécaniques (28,2 milliards) et de produits chimiques organiques (10,2 milliards). New Delhi tente de construire des filières locales dans l'électronique et le solaire, mais reste piégée : les wafers chinois, les machines-outils et les composants industriels y sont encore irremplaçables. Pour les entreprises indiennes, cela signifie une pression continue sur les coûts de production et une vulnérabilité stratégique ; pour Pékin, une confirmation de son pouvoir de nuisance commercial. Le discours officiel de « dé-risquer » vis-à-vis de la Chine bute donc sur le mur de la réalité industrielle.