Taxe à la consommation au Japon : une baisse risquée qui pourrait faire dégringoler les obligations d'État
Le gouvernement japonais, dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi, a décidé en conseil des ministres de réduire le taux de la taxe à la consommation sur l'alimentation et les boissons, une première depuis 1989. Le taux passerait de 8 % à 1 % pendant deux ans à partir d'avril 2027, puis serait effectivement ramené à zéro par des prestations compensatoires. Cette mesure, présentée comme une réponse à la hausse des prix, créerait un manque à gagner annuel d'environ 5 000 milliards de yens (31 milliards de dollars), alors que le Japon doit déjà financer des dépenses massives dans la défense et 17 secteurs stratégiques. Selon l'éditorial du Mainichi, cette baisse est économiquement contre-productive : elle pourrait stimuler la demande et accélérer l'inflation, tout en profitant davantage aux ménages aisés qu'aux foyers modestes. Surtout, elle risque de susciter des doutes sur la soutenabilité de la dette japonaise, déjà la plus élevée au monde, et d'entraîner une dégradation de la note des obligations d'État, alors que les rendements des emprunts d'État sont déjà orientés à la hausse.