Diplomatie scientifique : la Corée face à l'ère de la technopolitique
Dans un monde où la technologie devient un outil de puissance aussi crucial que le territoire ou l'armée, la Corée du Sud doit repenser sa diplomatie. L'administration américaine a officialisé en août dernier une stratégie nationale liant science et sécurité, consacrant l'avènement de la « technopolitique ». Ce concept, popularisé par l'historienne Gabrielle Hecht, décrit comment les États intègrent la technologie dans leurs politiques, économie et stratégies de défense. Pour Séoul, trois axes émergent : utiliser la science pour éclairer la diplomatie, faciliter la coopération internationale via des canaux diplomatiques, et bâtir la confiance via des projets scientifiques communs. L'intelligence artificielle accélère cette transformation en intégrant semi-conducteurs, data centers, minéraux critiques et talents dans un même écosystème stratégique. La Corée, acteur clé des semi-conducteurs et de l'IA, doit désormais conjuguer compétition technologique et coopération diplomatique pour préserver sa souveraineté et ses alliances.