CXMT, le spécialiste chinois de la DRAM, se lance dans la mémoire flash NAND face à Samsung et YMTC
Le fabricant chinois de puces mémoire CXMT (ChangXin Memory Technologies) prépare une incursion sur le marché de la mémoire flash NAND, segment en pleine explosion dominé par Samsung Electronics (29,3 % de parts de marché au second trimestre), SK Hynix et Micron. Selon trois sources proches du dossier, l'entreprise prévoit d'installer une ligne de R&D pour la NAND dans sa nouvelle usine de Pékin et a déjà fondé un institut de recherche dédié, avec des discussions préliminaires avec des clients, dont une start-up spécialisée dans les systèmes de stockage pour l'IA et les supercalculateurs. Ce mouvement intervient alors qu'une pénurie mondiale de mémoire — alimentée par la demande explosive des serveurs d'IA — devrait persister au moins jusqu'en 2027, selon des dirigeants de l'industrie (le PDG de SK Hynix a évoqué un possible pic de tension en 2027). Les fabricants ayant concentré leurs investissements sur la DRAM et la mémoire à large bande passante (HBM), la capacité de production NAND stagne, ce qui aggrave la pénurie : TrendForce prévoit que le resserrement de l'offre NAND ne s'atténuera qu'au second semestre. En entrant sur ce marché, CXMT — jusqu'ici uniquement actif dans la DRAM — se heurtera directement à son compatriote YMTC (Yangtze Memory Technologies), seul autre acteur chinois présent dans la NAND, et pourrait profiter des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pour gagner des parts de marché dans un secteur stratégique. L'impact concret : pour les clients asiatiques (datacenters, fabricants de smartphones, constructeurs de PC), cela pourrait diversifier l'offre et faire baisser les prix à moyen terme, mais la montée en volume n'interviendra probablement pas avant plusieurs années, le projet n'en étant encore qu'au stade de la R&D.