La Corée du Sud teste la route arctique pour le fret maritime
Le gouvernement sud-coréen a lancé le 22 août le premier voyage d'essai d'un porte-conteneurs via l'Arctique depuis dix ans. Le PanStar Acro, parti de Busan avec 737 EVP (équivalent vingt pieds), doit rallier Felixstowe, Rotterdam et Gdansk via la route du Nord, longue de 13 000 km — soit 35 % de moins que le trajet par Suez (20 000 km) et une dizaine de jours économisés. L'objectif est de collecter des données opérationnelles et de coûts pour évaluer la faisabilité d'une ligne régulière d'ici 2030. Mais le fret embarqué (737 EVP) est bien inférieur aux 1 300 EVP estimés, signe d'une demande encore timide et de doutes sur la rentabilité. Les surcoûts arctiques (escorte brise-glace, assurance, équipages spécialisés) pourraient annuler les économies de carburant. Pour la Corée du Sud, qui cherche à sécuriser ses chaînes logistiques face aux risques géopolitiques, cet essai est un test décisif pour faire de Busan une plaque tournante mondiale du fret polaire, mais la viabilité commerciale restera suspendue à la capacité de trouver un fret aller-retour équilibré.