Micron mise 536 milliards de yens sur Hiroshima pour dominer les mémoires IA
Micron a entamé en juillet 2026 la construction d'une nouvelle salle blanche dans son usine d'Higashihiroshima, soutenue par une subvention gouvernementale japonaise pouvant atteindre 536 milliards de yens. Cette installation est dédiée à la production de HBM4, une mémoire à haute bande passante empilant verticalement jusqu'à 2,8 téraoctets de données par seconde, soit plus du double de la génération précédente. Contrairement à Rapidus, qui vise les puces logiques les plus avancées, l'usine d'Hiroshima fabrique des mémoires spécialisées placées directement à côté des GPU d'IA comme ceux de NVIDIA. Ce choix répond à un goulot d'étranglement clé : les calculs d'IA sont limités par la vitesse de transfert des données depuis la mémoire, et HBM réduit ce délai tout en économisant de l'énergie. L'État japonais soutient donc deux segments différents de la chaîne d'approvisionnement IA : Rapidus pour le calcul, Micron pour la mémoire. Actuellement, Micron ne détient que 18 % du marché HBM, loin derrière SK hynix (50 %) et Samsung (33 %), et ce financement pourrait lui permettre de rattraper son retard face aux géants coréens. Pour le Japon, cet investissement stratégique ancre une production locale de composants critiques, réduisant sa dépendance aux importations et renforçant sa souveraineté dans la filière IA.