L'Indonésie vise un créneau dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs en Asie du Sud-Est
L'Indonésie cherche à définir sa place dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs en misant sur des investissements ciblés plutôt que sur de simples flux de capitaux. La vice-ministre du Commerce, Dyah Roro Esti Widya Putri, a annoncé que Jakarta pousse à l'élaboration d'une feuille de route semiconducteurs pour l'ASEAN, couvrant la recherche académique, les chaînes d'approvisionnement, les infrastructures de minerais critiques, les investissements complémentaires et des incitations harmonisées. L'objectif est de bâtir un écosystème régional complémentaire et d'éviter une concurrence malsaine entre États membres pour attirer les investissements. Le contexte est marqué par une concurrence régionale intense : la Thaïlande a déjà attiré plus de 26,8 milliards de dollars de demandes d'investissement dans les semi-conducteurs et l'électronique avancée entre 2023 et mi-2026, dont 9,85 milliards pour les circuits imprimés. L'Indonésie dispose déjà d'installations d'assemblage et de test, de sociétés de conception de circuits intégrés et d'industries en aval (électronique, équipementiers, automobile), mais ses importations de semi-conducteurs sont passées de 2,33 milliards de dollars en 2020 à 4,87 milliards de dollars entre janvier et novembre 2025. Le gouvernement identifie la conception de puces (chip design) comme une voie prometteuse, car elle peut connecter entreprises, universités et utilisateurs industriels, tout en restant proche des capacités existantes du pays.