À l'ONU, les pays en développement réclament une voix égale dans la régulation de l'IA
Lors d'un débat marathon de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, 128 délégations — contre seulement 5 il y a quatre ans — ont plaidé pour une gouvernance inclusive de l'intelligence artificielle. La ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exhorté à ne pas réduire les pays du Sud au rang de simples utilisateurs de technologies conçues ailleurs. Le contexte est celui d'alertes répétées sur les risques sécuritaires et existentiels de l'IA, et d'une concentration de son développement dans les pays riches (États-Unis, Chine, Europe). Concrètement, la Banque mondiale estime que l'IA pourrait permettre aux pays en développement de gagner l'équivalent d'un siècle de progrès en une décennie, mais sous conditions de combler les fossés en matière d'électricité, de connectivité et de compétences. Le FMI prévoit quant à lui un coup de pouce de 4 % au PIB de l'Afrique subsaharienne d'ici dix ans dans un scénario favorable. L'enjeu immédiat pour ces nations est de ne pas subir une nouvelle forme de dépendance technologique qui reproduirait les déséquilibres économiques hérités de l'ère coloniale et industrielle.