Obligations asiatiques à haut rendement en dollar : meilleure performance mondiale, dopée par la Chine
Les obligations spéculatives asiatiques libellées en dollar ont grimpé de 4,3% depuis le début de l'année, surpassant nettement les junk bonds américaines (+1,8%) et une vingtaine d'indices obligataires de référence Bloomberg. L'écart s'est creusé avec la divergence record des taux directeurs chinois et américains, tandis que les primes de risque (spreads) ont touché un plus bas historique la semaine dernière. Cette performance repose sur des fondamentaux solides : les coûts d'emprunt en Chine frôlent leurs plus bas, la croissance régionale est plus vigoureuse, et Moody's dénombre seulement un défaut d'émetteur en Asie-Pacifique depuis janvier, contre 43 aux États-Unis. Par ailleurs, la plupart des émetteurs high-yield asiatiques accèdent à un financement local en devise moins cher que le dollar offshore, ce qui limite les tensions de liquidité. L'offre de nouvelles obligations reste faible (environ 12 milliards de dollars d'émissions high-yield non financières hors Japon, contre plus de 220 milliards aux États-Unis), mais des signes de reprise émergent : SoftBank prépare une émission de 10 à 20 milliards de dollars. Pour les investisseurs, cette poche obligataire offre des rendements compétitifs avec un risque de défaut historiquement bas, mais les spreads extrêmement serrés appellent à une vigilance accrue.