L'Iran des Gardiens révolutionnaires : l'Asie centrale, bouée de secours économique menacée
Depuis l'assassinat du guide suprême Ali Khamenei en février 2026 par des frappes américano-israéliennes, l'Iran est dirigé de facto par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), qui contrôle désormais environ 50 % de l'économie du pays. Cette nouvelle donne durcit la ligne politique et militaire de Téhéran, mais maintient une approche pragmatique avec les républiques d'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, Kirghizistan), où les échanges commerciaux ont quadruplé ces dernières années, portés par le corridor de transport Nord-Sud (INSTC) et l'accord de libre-échange avec l'Union économique eurasiatique (UEE) entré en vigueur en mai 2025. L'enjeu est colossal : ces routes terrestres et maritimes (ports de Chabahar et Bandar Abbas) sont vitales pour contourner les sanctions occidentales. Pour les régimes centrasiatiques, cette alliance est une épée à double tranchant : elle ouvre un accès à l'océan Indien et réduit la dépendance à la Russie et à la Chine, mais les expose aux représailles américaines et à l'instabilité régionale. Concrètement, les investissements iraniens dans les infrastructures portuaires et les pipelines (notamment au Turkménistan) sont gelés, tandis que les échanges agricoles avec le Kazakhstan, qui visaient 3 milliards de dollars, stagnent depuis le conflit.