Corée du Sud : l'essor des semi-conducteurs cache un risque de complaisance mortelle
Un ancien consul général sud-coréen à Shanghai met en garde contre l'orgueil du géant coréen des semi-conducteurs, Samsung Electronics et SK Hynix, qui dominent le marché mondial de la mémoire DRAM et de la mémoire HBM utilisée dans l'IA. Alors que les bénéfices records et les bonus colossaux (potentiellement 500 millions à 1 milliard de wons par employé) font la une, l'auteur rappelle que l'industrie des semi-conducteurs a connu des retournements brutaux : les États-Unis n'ont pas perdu la mémoire par manque de technologie, mais par manque de vision à long terme et d'investissement dans les moments difficiles. Il cite l'exemple de SK Hynix, rachetée par SK Group alors qu'elle était en survie, devenue aujourd'hui leader mondial du HBM, mais prévient que ce succès même peut engendrer l'arrogance et la paralysie de l'investissement futur. La question centrale n'est pas le montant des bonus, mais le risque de considérer les profits exceptionnels d'aujourd'hui comme un dû acquis, au détriment de la R&D et des investissements nécessaires pour la prochaine génération de technologies. Pour les salariés et les dirigeants des deux entreprises, le choix est clair : soit ils utilisent ces bénéfices pour financer la prochaine rupture technologique (notamment face à la Chine, qui a déjà fait des semi-conducteurs une priorité nationale stratégique), soit ils les distribuent immédiatement et fragilisent leur capacité à traverser la prochaine crise.