Wall Street rebondit sur la détente obligataire, l'Asie retient son souffle
Les marchés américains ont repris des couleurs jeudi, le S&P 500 effaçant ses pertes alors que le rendement du Treasury à 10 ans redescendait de son plus haut depuis 2002, à la faveur d'un reflux des positions vendeuses et d'une demande refuge liée aux difficultés budgétaires françaises. Le pétrole a grimpé dans un contexte géopolitique tendu, le Pentagone envisageant d'envoyer un porte-avions et 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Les déclarations du vice-président de la Fed, Philip Jefferson, et de John Williams (New York Fed) ont tempéré les anticipations de hausse des taux : ils jugent qu'il faut plus de temps pour évaluer la nécessité de nouvelles hausses. Goldman Sachs estime désormais qu'un tour de vis en octobre est peu probable, mais n'exclut pas une hausse en décembre. Pour les places asiatiques, cette accalmie est une bouffée d'oxygène après des semaines de pression obligataire, mais l'incertitude demeure sur la trajectoire des taux, surtout à l'approche du rapport sur l'emploi américain vendredi, qui pourrait raviver les craintes d'inflation. Les investisseurs asiatiques redoutent qu'un marché du travail trop dynamique ne pousse la Fed à maintenir sa politique restrictive, ce qui renchérirait encore le coût du capital et pèserait sur les devises émergentes.