À Singapour, la croissance tirée par l'IA crée bien moins d'emplois que par le passé
Selon un rapport de Maybank, la forte croissance économique de Singapour, dopée par l'IA et les investissements intensifs en capital, ne se traduit plus par une hausse comparable de l'emploi. Au premier semestre 2026, l'emploi total (hors aides domestiques) n'a augmenté que de 20 800 postes, et l'emploi résident de 7 600, alors que le PIB réel progressait de 6,1 % sur un an. Lors des précédents cycles d'expansion (2004-, 2011-, 2021-), la création d'emplois annuelle moyenne atteignait 133 000 postes. Les secteurs modernes — finance, services professionnels, infocom — n'ont ajouté que 1 300 emplois au deuxième trimestre 2026, après deux trimestres de baisse. Parallèlement, les licenciements ont grimpé à 4 600, leur plus haut niveau depuis fin 2020, le taux de recrutement mensuel est tombé à 1,4 % (plus bas hors pandémie), et le taux de démission a chuté à un record de 1 %. Maybank décrit un marché du travail « low-hire, low-quit », où les entreprises hésitent à embaucher et les salariés à bouger. Les prévisions 2026-2027 tablent sur une création d'emplois totale de seulement 40 000 puis 35 000, et résidente de 12 000 puis 10 000. Une enquête de la SNEF montre que 54 % des entreprises n'ont aucun projet d'augmentation d'effectifs pour 2027, et 6 % prévoient des coupes. Pour les travailleurs singapouriens et les expatriés qualifiés, cela signifie une raréfaction des opportunités, une mobilité réduite et un risque accru de chômage, même en période de boom économique.