Ormuz : la prime de guerre atteint 10 % du fret, l'Asie paie l'addition
Une prime de risque de guerre d'un nouveau type frappe le détroit d'Ormuz. Selon un dirigeant d'ENOC cité par Reuters, ces surcoûts atteignent désormais 10 % de la valeur du cargo pour certains trajets, auxquels s'ajoutent 5 à 6 % d'assurance, portant le coût supplémentaire à 10-20 millions de dollars par traversée. Ce choc intervient après les frappes américano-israéliennes du 28 février et le déploiement de plus de 50 000 soldats et 20 navires en « blocus », alors que le détroit voyait transiter 20,7 millions de barils par jour (un quart du pétrole maritime, un cinquième du GNL). L'Asie, destinataire de 84 % du brut et des condensats qui empruntent la voie d'eau, est en première ligne : les économies importatrices (Chine, Inde, Corée, Japon) voient leurs factures énergétiques exploser, tandis que les consommateurs américains subissent aussi la hausse (Brent > 100 $, essence à 4,14 $ le gallon). Le Congrès américain a validé les opérations par une courte majorité (215-208 à la Chambre, 50-48 au Sénat), mais seulement 25 % des Américains jugent la guerre justifiée selon un sondage Reuters/Ipsos. L'éditorialiste pointe que Washington, qui se présente comme le garant du passage, a en réalité créé l'insécurité en quittant l'accord nucléaire iranien en 2018 puis en lançant les frappes.