Le Bangladesh face au piège de l'interdépendance : comment garder sa marge de manœuvre
En septembre 2026, les États-Unis ont sanctionné VTB Bank (14 septembre) pour avoir construit des canaux financiers entre Moscou et Téhéran, et une loi adoptée le 18 septembre autorise désormais le président américain à imposer des droits de douane allant jusqu'à 100 % sur les grands acheteurs de pétrole et de gaz russes. Cette nouvelle logique de sanctions en réseau, qui frappe les intermédiaires financiers, les compagnies maritimes et les assureurs, transforme chaque décision économique internationale : un gouvernement doit désormais peser non seulement la viabilité commerciale d'un achat, mais aussi les relations qu'il pourrait compromettre. Le Bangladesh, dont l'économie repose sur des liens étendus avec les États-Unis, l'Union européenne, la Chine, l'Inde, le Japon, les pays du Golfe et l'Asie du Sud-Est, est particulièrement exposé. Cette diversification, autrefois un atout, devient un risque dans un monde où les tensions entre grandes puissances s'invitent dans chaque transaction. Pour préserver sa marge de manœuvre, Dhaka doit construire une résilience fondée sur une diversification encore plus poussée, et ce avant que les pressions ne s'accentuent. Concrètement, cela signifie réduire sa dépendance aux routes commerciales et financières contrôlées par les blocs, tout en renforçant ses réserves et en développant des partenariats alternatifs, pour ne pas être contraint à un choix douloureux entre Washington, Pékin ou Moscou.