Pékin freine l’appréciation du yuan malgré les demandes américaines et européennes
Alors que Donald Trump et Xi Jinping se rencontrent cette semaine, les États-Unis et l’Europe renouvèlent leurs pressions pour que la Chine laisse le yuan s’apprécier, estimé sous-évalué de 30 % selon des analystes. La Banque populaire de Chine résiste : une hausse rapide écraserait les marges déjà maigres des usines chinoises (moins de 3 % en moyenne) et aggraverait le chômage, alors que l’économie peine à sortir de la déflation. Pour Pékin, céder ne corrigerait pas les déséquilibres structurels — excès d’épargne, dépendance aux exportations — et risquerait de fragiliser la reprise. Cette lenteur intentionnelle alimente les tensions commerciales avec Washington et Bruxelles, qui menacent de droits de douane supplémentaires. Concrètement, les entreprises exportatrices chinoises (électronique, textile, machines-outils) gardent un avantage de change temporaire, mais les importateurs et consommateurs chinois subissent un pouvoir d’achat réduit. L’absence de réévaluation significative reporte aussi le rééquilibrage de la demande mondiale vers l’Asie.