Pétrole : le détour du détroit d’Hormuz ralenti par une panne saoudienne de plusieurs semaines
Le cours du Brent a bondi d’environ 5 % vers 110 dollars le baril après des informations selon lesquelles le pipeline est-ouest de l’Arabie saoudite, vital pour contourner le détroit d’Hormuz, serait indisponible pour plusieurs semaines à la suite d’une attaque de miliciens. Cette canalisation, d’une capacité de 7 millions de barils par jour vers le terminal de Yanbu sur la mer Rouge, est le principal recours de Riyad depuis que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a étranglé les exportations du Golfe. Les prix pétroliers étaient déjà orientés à la hausse, le Brent ayant dépassé 100 dollars la semaine dernière, porté par la baisse des stocks et la demande chinoise, et engrangeant une progression de plus de 75 % depuis le début de l’année. Si la panne se prolonge, l’Arabie saoudite pourrait être contrainte de réduire sa production, faute de pouvoir évacuer son brut, ce qui aggraverait une crise énergétique mondiale marquée par un diesel à plus de 200 dollars le baril. L’impact pour les consommateurs asiatiques, premiers importateurs de pétrole du Golfe, serait immédiat : des coûts d’importation plus élevés, une pression inflationniste accrue et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, alors que la Fed s’apprête à relever ses taux. Les autorités saoudiennes et Aramco n’ont pas officiellement commenté la durée exacte de l’interruption, tandis que le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a affirmé lundi s’attendre à une remise en service « très rapide ».