Pékin étrangle l’approvisionnement en terres rares : l’industrie spatiale et de défense américaine sous pression
À quelques jours de la rencontre entre Joe Biden et Xi Jinping prévue le 24 septembre à Washington, les fournisseurs chinois bloquent ou retardent massivement les exportations de terres rares et de métaux critiques vers les États-Unis. Les licences d’exportation sont en suspens depuis plus de six mois, et les importations américaines d’yttrium restent 50 % inférieures à leur niveau de 2024. Le conflit est déclenché par les sanctions de Pékin contre le programme d’audit de la Responsible Business Alliance (RBA) : les exportateurs chinois craignent des représailles s’ils livrent des clients occidentaux. Ces matériaux sont pourtant vitaux pour les blindages thermiques des moteurs-fusées (yttrium), les cellules solaires résistantes aux radiations (indium-phosphure, gallium), les aimants haute performance pour servocommandes de drones et missiles (terbium) et les alliages de tungstène pour buses de propulsion et boucliers. Les alliés japonais sont encore plus durement frappés : les exportations chinoises de terbium vers le Japon sont tombées à zéro, le gallium a chuté de 65 % et l’yttrium de 98 %. Cette pénurie chronique, qui maintient les prix à des records, agit comme un accélérateur des efforts de relocalisation des chaînes d’approvisionnement en Occident.