Corée du Sud : LIG D&A interdit d'appels d'offres militaires pour 24 mois après un scandale de corruption
La Defense Acquisition Program Administration (DAPA) sud-coréenne a infligé à LIG D&A, groupe spécialisé dans les munitions de précision, la peine maximale prévue par la loi : une interdiction de participer à tout appel d'offres public pour une durée de 24 mois. Cette décision fait suite à des révélations du parquet en août dernier : LIG D&A aurait versé l'équivalent de 460 millions de wons (environ 310 000 euros) en espèces et en avantages à des fonctionnaires clés de la DAPA, dans le cadre de six programmes distincts, dont le développement de missiles air-air longue portée pour le chasseur KF-21. Le montant est qualifié de « record » par la DAPA pour un seul dossier depuis sa création en 2006. Conséquence immédiate : le contrat de développement du système d'armes du KF-21, pour lequel LIG D&A était classée première sur cinq lots, est gelé. La société, qui conteste les faits, a annoncé un recours en annulation et une demande de suspension provisoire devant les tribunaux. Au-delà de ce cas, plusieurs autres enquêtes pour collusion entre LIG D&A et des agents publics sont encore en cours, ce qui pourrait entraîner de nouvelles sanctions. L'impact pour LIG D&A est double : perte de revenus sur des programmes majeurs déjà en phase d'industrialisation (exportations compromises) et dégradation de sa réputation à l'international, notamment en Europe et au Moyen-Orient où elle cherche à vendre ses systèmes de défense antiaérienne et antimissile.