Transsion, le discret géant chinois du téléphone qui a conquis l’Afrique
Transsion, entreprise de Shenzhen, écoule près d’un téléphone sur deux acheté en Afrique chaque année, loin devant Samsung, Apple, Xiaomi et Huawei, et détient plus de 10 % des marchés d’Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient. Son essor est parti des marchés de téléphones « shanzhai » des années 1990-2000, où des commerçants africains et arabes venaient s’approvisionner à Shenzhen et à Hong Kong pour revendre ensuite ces appareils chez eux. L’anthropologue Lu Miao raconte dans son livre comment l’entreprise a réussi sans financements massifs ni technologie de pointe, grâce à une stratégie d’innovation locale et d’adaptation aux besoins des marchés du Sud. Ce modèle, à l’opposé du « blitzscaling » de la Silicon Valley, prouve qu’une firme partie de rien peut bâtir un empire mondial depuis les marges. Pour les consommateurs africains, cela signifie un accès plus large à des téléphones adaptés à leurs usages ; pour les géants du secteur, Transsion est devenue une concurrente incontournable sur les marchés émergents.