Singapour hésite à rejoindre un organe chinois sur l'IA, par crainte de représailles américaines
Singapour examine une invitation à rejoindre l'Organisation mondiale de coopération en intelligence artificielle (Waico), lancée en juillet à Shanghai, qui vise à harmoniser la gouvernance, les normes techniques et les stratégies de développement de l'IA. La ministre du Développement numérique et de l'Information, Josephine Teo, a indiqué au Parlement que la décision serait pesée au regard des engagements existants, notamment avec l'initiative américaine Pax Silica, lancée en décembre, à laquelle Singapour participe déjà. Pax Silica sécurise les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques pour l'IA, un enjeu stratégique pour les États-Unis. Rejoindre Waico offrirait à Singapour une influence dans la gouvernance mondiale de l'IA, mais risquerait d'irriter Washington et de compromettre son rôle de médiateur neutre dans la rivalité technologique sino-américaine. Concrètement, Singapour pourrait perdre l'accès privilégié aux chaînes d'approvisionnement américaines en minéraux rares, essentiels à son industrie tech, tout en gagnant un poids dans les normes chinoises. La décision, attendue dans les mois à venir, illustre le dilemme croissant des petites nations coincées entre les deux superpuissances.