L'Asie trinque : l'endettement des pays riches atteint des niveaux de marché émergent
La dette mondiale a franchi 365 000 milliards de dollars, et le coût de son service grimpe plus vite que les gouvernements ne peuvent le contrôler. Les rendements obligataires du G7 sont au plus haut depuis l'été 2008, avec le taux US à 10 ans à 5,15 % et le 30 ans à 5,45 %, des niveaux inédits depuis vingt ans. L'Institute of International Finance (IIF) pointe un cycle électoral qui récompense les solutions rapides et punit la rigueur : les États-Unis, le Japon, la France et le Royaume-Uni affichent des déficits persistants et des factures d'intérêts en hausse, des problèmes jadis réservés aux économies émergentes. L'Asie finance une grande partie de cet endettement via ses réserves de change et ses épargnants, et paie aujourd'hui la note par la hausse de ses propres rendements obligataires et la baisse de ses devises. En 2022, le Royaume-Uni avait déjà vu ses emprunts d'État s'effondrer après un budget non financé ; aujourd'hui, plus de 30 000 milliards de dollars de dettes arrivent à échéance, émises à taux zéro, et leur refinancement aux taux les plus élevés depuis une génération va gonfler les charges d'intérêts pour une décennie. Pour les banques centrales asiatiques et les investisseurs, le coût du crédit dans les pays riches crée une pression directe sur leurs réserves et leurs marchés, sans qu'aucune discipline comparable à celle imposée à la Thaïlande, à l'Indonésie et à la Corée du Sud en 1997 ne soit exigée des économies avancées.