Semi-conducteurs et IA : l'Asie paie le prix environnemental de la tech américaine
Alors que les États-Unis accélèrent le rapatriement de la production de semi-conducteurs, l'usine d'emballage avancé de SK Hynix en Indiana, qui doit entrer en service fin 2028 et créer 7 000 emplois, cristallise les tensions locales : les riverains ont intenté des procès contre le géant sud-coréen pour nuisances sonores et pollution. Mais le vrai fardeau environnemental de l'IA reste asiatique : la fabrication des puces et des serveurs est concentrée à 90 % dans la région, tandis que la demande de data centers en Asie-Pacifique, estimée à 28 GW en 2025 (un tiers du total mondial), devrait tripler d'ici 2030, selon McKinsey. Les communautés locales, de l'Australie rurale à la banlieue indienne, protestent déjà contre la hausse des prix de l'électricité et la dégradation écologique. Ce débat, porté par la décision américaine de relocaliser la production, impose désormais à Washington un choix : concilier souveraineté technologique et objectifs climatiques, sans déplacer la pollution vers l'Asie.