Inde : la hausse des taux de la RBI creuse l'écart entre deux économies
La Banque centrale indienne (RBI) a relevé son taux directeur de 25 points de base à 6,50 %, une décision qui intervient alors que l'inflation reste persistante (au-dessus de 6 %) et que la croissance économique montre des signes de ralentissement. Cette mesure divise l'économie indienne en deux vitesses : d'un côté, les secteurs exportateurs et les entreprises technologiques, robustes grâce à la demande mondiale ; de l'autre, les petites et moyennes entreprises locales, les agriculteurs et les ménages modestes, qui subissent de plein fouet le coût du crédit plus élevé et une demande intérieure atone. Pour les investisseurs étrangers, cette hausse renforce l'attrait des obligations indiennes (meilleurs rendements) mais risque de freiner les flux vers les actifs risqués. Concrètement, les emprunteurs indiens (particuliers et PME) voient leurs mensualités augmenter immédiatement, tandis que les grandes entreprises exportatrices maintiennent leurs marges. L'onde de choc se propage à l'Asie : les devises régionales (won, ringgit) vacillent face à un dollar soutenu par des taux américains élevés, mais la RBI affiche sa détermination à juguler l'inflation, quitte à pénaliser la croissance intérieure.