Pakistan : une politique automobile qui risque d’enflammer le contentieux WTO avec le Japon
Islamabad a reconduit, dans sa politique automobile actualisée, des exigences strictes liant les autorisations d’importation de pièces détachées à des quotas d’exportation : les constructeurs doivent exporter 12 % de la valeur de leurs véhicules produits localement. Le Japon,, avait saisi l’OMC contre des mesures pakistanaises similaires, jugées protectionnistes et contraires aux règles du commerce multilatéral. La nouvelle version, qui maintient ces contraintes, relance le risque d’un contentieux formel à Genève. En pratique, les constructeurs japonais — Honda, Toyota, Suzuki — ont historiquement structuré leurs usines au Pakistan pour le marché intérieur, sans surplus exportable compétitif. Les grands perdants seraient donc eux, tandis que les groupes chinois, déjà positionnés sur des chaînes d’exportation régionales, pourraient tirer parti des obligations d’exportation pour gagner des parts sur les marchés tiers. Le gouvernement pakistanais, en quête de devises étrangères, fait le pari que ces règles forceront une montée en gamme industrielle, mais au prix d’une probable escalade juridique avec Tokyo.