Aux Philippines, un accord commercial majeur avec l’UE
Les Philippines et l’Union européenne ont conclu officiellement les négociations sur un accord de libre-échange (ALE), un tournant stratégique pour Manille qui cherche à diversifier ses partenariats commerciaux au-delà de la Chine. L’accord, dont les contours précis restent à finaliser, devrait éliminer la quasi-totalité des droits de douane sur les échanges bilatéraux de biens industriels et agricoles, et ouvrir davantage les services et les investissements. Selon les estimations officielles, un tel accord pourrait stimuler de plusieurs points de pourcentage les exportations philippines vers l’UE d’ici cinq ans, notamment dans l’électronique, les équipements de transport et l’agroalimentaire — secteurs où l’UE applique encore des tarifs élevés. Pour les entreprises européennes, c’est un accès préférentiel à un marché de 115 millions d’habitants en forte croissance, avec une main-d’œuvre jeune et une classe moyenne en expansion. L’accord doit encore être ratifié par les deux parties, mais il marque un signal fort : l’UE réaffirme son intérêt pour l’Indo-Pacifique, tandis que les Philippines s’ancrent dans le camp des économies ouvertes face aux tensions sino-américaines. Concrètement, les exportateurs philippins de bananes, de noix de coco et de produits transformés bénéficieront de réductions douanières immédiates, et les consommateurs européens verront des prix plus compétitifs sur certains produits tropicaux.