Reliance contourne le Moyen-Orient et explose ses marges de raffinage
Reliance Industries (RIL) a profondément remodelé sa chaîne d'approvisionnement en brut pendant le trimestre de septembre 2026 (T2 FY27), en réduisant sa dépendance au Moyen-Orient perturbé par le détroit d'Ormuz. Le groupe indien a diversifié ses achats vers l'Amérique latine, l'Amérique du Nord et la Méditerranée, et a réorienté ses exportations de produits raffinés — distillats légers vers l'Afrique de l'Est et du Sud, distillats moyens vers l'Europe, l'Amérique latine et l'Afrique de l'Ouest — pour capter les meilleurs prix, malgré des taux de fret multipliés par 15 à 20. Résultat : son chiffre d'affaires du segment O2C (pétrole-chimie) a bondi de 44 % sur un an, à 2 31 601 crore ₹ (environ 28 milliards USD), et l'EBITDA a grimpé de 68 % à 25 203 crore ₹. Les cracks — carburant, gazole, kérosène — ont été multipliés par 3 à 3,7 sur un an (diesel +252 %, essence +196 %, kérosène +268 %), tandis que les marges de la chaîne polyester ont atteint un pic de trois ans (+33 %). Cette performance contraste avec la stagnation de l'exploration-production de RIL (recul de 0,6 % du chiffre d'affaires à 6 020 crore ₹, baisse de production et de prix des gaz de KG-D6). Concrètement, cette stratégie prouve qu'un raffineur asiatique peut transformer une crise géopolitique — montée du Brent à 97 $/baril (+41 % sur un an), perturbations logistiques — en avantage concurrentiel, en s'affranchissant des routes traditionnelles et en optimisant ses flux d'exportation pour chaque produit. Pour les marchés asiatiques, cela signifie une pression accrue sur les marges des petits raffineurs moins flexibles, et pour les consommateurs finaux, des prix des carburants qui restent soutenus tant que les tensions perdurent.