Après le cluster coréen, Washington exige des usines de mémoire de Samsung et SK Hynix
Samsung et SK Hynix, les deux géants sud-coréens des semi-conducteurs, sont pris en tenaille entre les exigences de Washington et leur propre plan domestique. Le 29 juin, Séoul a annoncé le Honam Semiconductor Cluster, un mégaprojet de 800 000 milliards de wons (577 milliards de dollars) dans les provinces du Jeolla, incluant deux usines de fabrication chacune pour Samsung et SK Hynix. Cette annonce a été interprétée par l'administration américaine comme un signal de repli sur le marché intérieur, au détriment des engagements américains. Le ministre sud-coréen du Commerce, Kim Jung-kwan, a effectué un deuxième voyage d'urgence à Washington la semaine dernière, avec des discussions prolongées avec le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, et un accord formel sur les premiers investissements aux États-Unis est attendu en septembre. La réaction des marchés a été immédiate : le KOSPI a chuté de 2,66 %, SK Hynix a perdu 5,03 % à Séoul, Samsung 2,92 %, et l'ADR de SK Hynix a reculé de 4,92 % à New York. Le dilemme est structurel : les deux entreprises sont à la fois les principaux fournisseurs de mémoires pour l'IA dont Washington a besoin, et les cibles de pressions pour construire des usines de plaques de silicium (wafer fabs) aux États-Unis, à un coût double, sans main-d'œuvre équivalente, et avec un délai de cinq ans qui les rendra inutiles pour le cycle actuel de déploiement de l'IA.