Deux bombes obligataires, une mèche : États-Unis et Japon au bord d'un réveil
Le rendement des obligations d'État japonaises à 10 ans vient de franchir le seuil des 3 %, un niveau jamais budgété par le ministère des Finances, tandis que le 30 ans américain flirte avec des plus hauts de deux décennies (près de 5,30 %). Ces deux mouvements sont alimentés par la persistance de l'inflation, la guerre en Iran qui maintient le pétrole au-dessus de 95 dollars le baril, et des politiques budgétaires jugées laxistes. Le Japon, dont la dette publique dépasse 250 % du PIB, a profité pendant trente ans de taux d'emprunt quasi nuls, mais l'heure du remboursement approche. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent intensifie sa pression sur la Banque du Japon pour qu'elle relève ses taux, allant jusqu'à qualifier cette stratégie de « plan B » face à l'impuissance de la Fed. Une opération conjointe États-Unis-Japon pour stabiliser le yen, la première depuis 1998, n'a pas suffi : la devise repart vers les 160 yens pour un dollar. Ce couplage des dettes souveraines menace de déclencher une crise synchronisée, d'autant que le Japon, premier détenteur de bons du Trésor américain, pourrait être tenté d'en vendre pour financer ses propres interventions.