Taïwan au cœur de la souveraineté européenne : la stratégie française des semi-conducteurs
Lors d'une visite en mai 2026 au centre de calcul du CEA, le président Macron a tenu une puce Rhea1 conçue par le français SiPearl et fabriquée à Taïwan par TSMC. Pour Philippe Notton, PDG de SiPearl, entendre un président français reconnaître publiquement qu'une puce critique pour la simulation nucléaire vient de Taïwan aurait été impensable trois ans plus tôt. Ce revirement illustre la stratégie française : conserver la R&D et la propriété intellectuelle en Europe tout en s'appuyant sur l'excellence industrielle taïwanaise, à rebours de l'approche américaine qui cherche à rapatrier la fabrication. Des startups comme Aniah installent des équipes à Taïwan pour capter les besoins des clients et améliorer leurs algorithmes, tandis que Karen Yu, présidente de la société d'investissement taïwanaise ITIC, souligne qu'aucun pays ne peut maîtriser seul l'ensemble de la chaîne de valeur des semi-conducteurs. Cette coopération franco-taïwanaise redéfinit les alliances technologiques mondiales.