États-Unis-Chine : la guerre des robots industriels s'intensifie
La rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine s'étend désormais aux robots industriels, en pleine escalade. En juillet, la FCC américaine a placé les robots avancés étrangers, notamment chinois, sur sa liste d'exclusion (Covered List), invoquant des risques de surveillance, de cyberattaques et de sabotage de la chaîne d'approvisionnement, une logique similaire à celle utilisée contre TikTok et Huawei. Cette décision vise à empêcher ces machines de s'immiscer dans les usines et ports américains, où elles pourraient compromettre la sécurité nationale. En parallèle, la Chine capitalise sur son avantage d'échelle : en 2024, elle a produit près de 300 000 robots industriels, soit environ 54 % des installations mondiales, tandis que les États-Unis n'en installaient que 34 000. Pendant ce temps, ces derniers investissent massivement, avec environ 285,9 milliards de dollars d'investissement privé en IA en 2025, tout en menant toujours en modèles, puces et cloud, mais en retard sur le déploiement matériel. L'enjeu dépasse désormais les seuls centres de données ; il s'étend aux infrastructures physiques, et la prochaine étape sera de savoir qui pourra produire, déployer et faire adopter ses machines par le reste du monde. Ce conflit redéfinit les chaînes d'approvisionnement, les choix d'investissement et la souveraineté technologique de nombreux pays, avec des implications directes pour les entreprises manufacturières et maritimes du monde entier.