Corée : l'industrie des semi-conducteurs mise sur Gwangju et le Jeolla du Sud pour rivaliser avec Kumamoto et Saxe
Des experts internationaux en semi-conducteurs incitent les autorités coréennes de Gwangju et de la province du Jeolla du Sud à s'inspirer des modèles de l'île de Kumamoto au Japon et de la « Silicon Saxe » en Allemagne pour développer leur propre cluster de semi-conducteurs. Kumamoto a su attirer TSMC via un partenariat public-privé : le géant taïwanais y a implanté JASM (Japan Advanced Semiconductor Manufacturing) en 2021, son usine achevée en 2024 produit déjà des puces 12-28 nm, et une seconde usine prévue pour 2028 passera aux procédés 3 nm. Ce succès de 27 mois tient au rôle moteur de TSMC lui-même, soutenu par des fonds centraux et surtout par un service administratif sur mesure de la préfecture (6 comités de suivi semestriels). En Saxe, le cluster « Silicon Saxony » est né dès 1961 d'un engagement public constant. Les experts coréens insistent : au-delà des quatre fabs prévues par Samsung et SK hynix, il faut bâtir une infrastructure territoriale pensée sur le long terme, intégrant logement, taxes et logistique pour attirer et retenir les investissements. Chung Eun-seung, ancien cadre de Samsung, promet de ramener ces leçons en Corée. Ce changement local vise à transformer la région en pôle compétitif de la production mondiale de puces et à diversifier la Corée face à la domination de TSMC.