L'Asie accélère sur les routes arctiques face à la saturation des passages mondiaux
La pression croissante sur les points de passage stratégiques mondiaux – canal de Suez, détroit de Malacca, canal de Panama – pousse les pays asiatiques à intensifier l'utilisation de la route maritime du Nord (Arctique). Selon des données récentes, le trafic sur cette voie a bondi de près de 50 %, porté par la Chine, le Japon et la Corée du Sud, qui cherchent à sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement. Le réchauffement climatique prolonge la fenêtre de navigation estivale, rendant la route praticable plusieurs semaines de plus qu'il y a dix ans. Concrètement, le transit entre Shanghai et Rotterdam via l'Arctique est raccourci d'environ 30 % par rapport à la route passant par Suez, soit un gain de 10 à 15 jours. Cela modifie les calculs logistiques des chargeurs asiatiques, qui doivent toutefois composer avec des coûts d'assurance élevés et le manque d'infrastructures portuaires adaptées. Pour les gouvernements, c'est aussi un enjeu stratégique : réduire leur dépendance aux détroits surveillés par les États-Unis ou la Chine.