Le « choc chinois 2.0 » pousse l’UE à une réponse unie face à Pékin
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a sonné l’alerte mercredi dans son discours annuel sur l’état de l’Union : le « choc chinois 2.0 » est déjà là, avec un déficit commercial quotidien de 1 milliard d’euros (1,15 milliard de dollars). Contrairement au premier choc des années (jouets et textile bon marché), cette nouvelle vague concerne des secteurs à haute valeur ajoutée où l’Europe pensait être à l’abri : véhicules électriques, produits chimiques, machines et équipements de production d’électricité. Les droits de douane américains ayant réduit les débouchés de la Chine outre-Atlantique, Bruxelles devient la principale destination des surplus industriels chinois. Von der Leyen a annoncé la création d’une entreprise européenne dédiée aux matières premières critiques (dont l’UE dépend à plus de 80 % de Pékin) et un projet de loi sur les marchés publics qui pourrait exclure les offres étrangères des appels d’offres si moins de 50 % de la valeur provient d’Europe. Ces mesures ciblent directement l’accès des entreprises chinoises au marché européen de 2 500 milliards d’euros. L’impact immédiat : une accélération de la fragmentation commerciale entre les deux blocs, avec des conséquences pour les constructeurs automobiles et les fournisseurs de technologies chinois, qui devront soit relocaliser en Europe, soit perdre des parts de marché significatives.