Arctique : la Russie surévalue ses ambitions, mais le risque est réel
Bien que Moscou affiche des ambitions majeures dans l'Arctique, la réalité des chiffres en 2024 est bien plus modeste : 37,9 à 38 millions de tonnes de fret sur la route maritime du Nord, loin de l'objectif officiel de 80 millions de tonnes. Surtout, 95 à 96 % du trafic de transit en intégralité se fait exclusivement de la Russie vers la Chine, ce qui en fait un pipeline à client unique, loin d'un corridor mondial diversifié. En parallèle, Moscou verrouille son influence par des accords comme le pacte RELOS (en vigueur en janvier 2026), qui donne à l'Inde l'accès aux ports arctiques russes pour cinq ans, et l'Arctique génère environ 20 % du PIB russe, finançant directement l'effort de guerre en Ukraine. Mais les Occidentaux durcissent le ton : l'initiative Arctique Sentinelle de l'OTAN (février 2026) et le pacte ICE (jusqu'à 90 nouveaux brise-glaces) transforment la région en vulnérabilité sécuritaire, ce qui change la donne réglementaire pour tout acteur énergétique. L'enjeu pour l'Asie-Pacifique : la dépendance de la Russie à un seul acheteur (Pékin) et les sanctions sur les pétroliers brise-glaces Arc7 en font un goulet d'étranglement opérationnel, menaçant les projets gaziers de la péninsule de Yamal.