Brent à 115,30 $ : les stocks américains chutent, le Moyen-Orient reste sous tension
Le brut Brent a bondi de 1,42 $ mercredi pour s'établir à 115,30 $ le baril, porté par deux chocs combinés. D'une part, les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une frappe de missile sur la raffinerie saoudienne de Ras Tanura, la plus grande du royaume avec une capacité de 550 000 barils par jour, sans confirmation de dégâts par Riyad. D'autre part, l'Agence d'information sur l'énergie (EIA) a rapporté une baisse de 1,892 million de barils des stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis, à 410,6 millions de barils, soit 4 % sous la moyenne quinquennale, alors que le marché anticipait une légère hausse. Ces chiffres s'ajoutent à la faiblesse record de la réserve stratégique américaine, à 282,6 millions de barils, son plus bas depuis octobre 1982. Alors que le marché pétrolier reste suspendu aux élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, les traders intègrent un scénario binaire : soit une escalade militaire contre l'Iran après le scrutin, soit un accord négocié qui ferait chuter la prime de risque. Pour les pays importateurs d'Asie, dont la Chine, le Japon et l'Inde, qui dépendent fortement du brut importé, cette flambée des prix alourdit la facture énergétique et alimente l'inflation, menaçant la reprise économique régionale. Les compagnies aériennes et les transporteurs maritimes asiatiques, grands consommateurs de carburant, voient leurs coûts augmenter, ce qui pourrait se répercuter sur les tarifs et les chaînes d'approvisionnement. À l'inverse, les producteurs comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis profitent de marges accrues, mais la volatilité complique leurs plans d'investissement. Le prochain rendez-vous clé est la réunion de l'OPEP+ du 1er novembre, où l'alliance pourrait ajuster sa production pour tenter de stabiliser le marché.