Pétrole russe : l'Inde conserve ses importations après la levée des sanctions américaines
Donald Trump a renoncé par décret, fin de semaine dernière, aux sanctions et droits de douane prévus par la loi « Lindsey O. Graham » sur les principaux acheteurs de pétrole russe, évitant ainsi des tarifs allant jusqu'à 100 % sur les marchandises importées des cinq plus gros clients. L'Inde, premier importateur maritime de brut russe avec 1,8 million de barils par jour (Mb/j) en moyenne sur l'année, devant la Chine (1,2 Mb/j), peut donc garder son approvisionnement massif. Cette décision américaine épargne aussi la Chine. Les raffineurs indiens, qui ont porté la part du brut russe de moins de 2 % avant la guerre en Ukraine à 40-50 % de leurs importations, continuent de profiter d'une décote de 10 à 20 dollars par baril par rapport au Brent. Cette manne permet à l'Inde de contenir sa facture énergétique tout en transformant le pétrole russe en produits raffinés (diesel, essence) qu'elle exporte, notamment vers l'Europe. L'onde de choc pour l'Inde est positive : sécurité énergétique renforcée et marges de raffinage préservées, au détriment de l'efficacité du plafonnement des prix du G7.