Infrastructures numériques chinoises en Asie du Sud-Est : les règles locales échappent à Pékin
Selon un rapport du Peace Research Institute Oslo (PRIO), la Chine est devenue le premier fournisseur d'infrastructures numériques en Asie du Sud-Est (fibre optique, réseaux 5G, plateformes de ville intelligente, cloud), mais les gouvernements de la région n'adoptent pas son modèle de gouvernance. Ils s'inspirent majoritairement des normes européennes, des standards internationaux (ISO 27001) et de leurs propres traditions réglementaires pour encadrer la cybersécurité et l'intelligence artificielle. Le rapport note que les normes chinoises sont quasiment absentes du domaine cyber, et que les coûts de changement de standard sont prohibitifs une fois que les banques, télécoms et autorités de certification sont calés sur les cadres occidentaux. Pour les entreprises chinoises comme Huawei ou ZTE, cela signifie une présence matérielle massive mais une influence réglementaire limitée, ce qui pourrait à terme freiner l'ambition de Pékin d'exporter son modèle de gouvernance numérique. Les pays d'Asie du Sud-Est conservent ainsi une marge de manœuvre pour aligner leurs règles sur celles de l'Union européenne ou des États-Unis, renforçant la fragmentation normative dans la région.