Exclusion stratégique : le nouveau terrain de la compétition entre grandes puissances
L'essai du chercheur américain, publié par War on the Rocks, introduit le concept d'« exclusion stratégique » pour décrire les politiques par lesquelles les grandes puissances (Russie, États-Unis, Chine) restreignent délibérément l'accès de leurs rivaux à des ressources clés : territoires (Ukraine), technologies (semi-conducteurs avancés), infrastructures (routes de la soie) ou alliances. L'auteur montre que cette logique, qui vise à réduire ses propres vulnérabilités et à imposer des coûts à l'adversaire, crée un dangereux cycle de rétorsion : chaque mesure d'exclusion nourrit la peur d'une exclusion généralisée, élargissant des disputes ponctuelles en conflits systémiques. L'étude quantitative, portant sur les disputes entre puissances émergentes de 1816 à 2010, établit un lien historique entre la monopolisation et les risques de guerre. Pour les dirigeants actuels, l'enjeu est de calibrer l'exclusion : ne l'appliquer qu'aux domaines critiques pour la sécurité militaire, et privilégier partout ailleurs la résilience (diversification des chaînes d'approvisionnement, capacités domestiques) sans bloquer l'accès des autres, afin d'éviter une escalade incontrôlée.