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Espionnage : la Corée du Sud durcit sa loi pour protéger ses puces, la Chine en tête

Corée · Trendforce · il y a 23 h
Espionnage : la Corée du Sud durcit sa loi pour protéger ses puces, la Chine en tête

Depuis le 13 septembre, la Corée du Sud a élargi sa loi anti-espionnage : les fuites de technologies avancées, dont les semi-conducteurs, vers des pays étrangers (hors Corée du Nord) sont désormais passibles de trois ans de prison minimum. Cette révision du Code pénal comble un vide juridique qui rendait les poursuites difficiles, comme l'a montré l'inculpation l'an dernier de cinq anciens cadres de Samsung pour avoir transféré une technologie clé de DRAM à un fabricant chinois de mémoires. Le durcissement intervient alors que la Chine est impliquée dans 54,5 % des 33 cas de fuites vers l'étranger détectés par la police l'an dernier — sur un total de 179 cas —, avec les semi-conducteurs représentant cinq affaires, devant les écrans (quatre) et les batteries secondaires (trois). Pourtant, des critiques notent que la loi reste limitée : les technologies classées « cœur national » ne sont pas automatiquement considérées comme des secrets d'État, et la preuve d'une instruction ou d'une communication avec une puissance étrangère reste nécessaire. Taiwan a déjà franchi le pas en 2022 avec une législation ciblant spécifiquement les transferts vers la Chine. L'enjeu dépasse la pénalisation : les grands groupes comme Samsung ou TSMC disposent de cellules de conformité, mais plus de 85 % des fuites entre 2020 et 2024 se produisent chez de petits fournisseurs, moins protégés, ce qui fragilise toute la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs. Cette évolution crée un précédent majeur dans la région, alors que la compétition technologique s'intensifie entre les États-Unis, la Chine et les acteurs asiatiques. L'Allemagne et le Japon pourraient suivre cette tendance, mais le vrai défi reste de transformer ces règles en condamnations effectives, faute de quoi la dissuasion restera théorique.

À retenir
→ Pour les industriels et investisseurs : la Corée du Sud durcit l'arsenal répressif contre les fuites de semi-conducteurs, mais l'efficacité dépendra des preuves de lien étranger — et cela met sous pression les PME fournisseurs, premiers maillons des fuites, qui devront investir dans la sécurité sous peine de sanctions pénales.
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