Sociétés écrans, Kirghizistan et crypto : le réseau fantôme du Kremlin pour contourner les sanctions
Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'UE et les États-Unis multiplient les sanctions contre la Russie, notamment l'exclusion de plusieurs banques russes de SWIFT et des menaces de sanctions secondaires. Pour contrer cet isolement, Moscou a mis sur pied un réseau financier parallèle baptisé A7, basé au Kirghizistan et piloté par l'homme d'affaires moldave Ilan Shor, impliqué dans une fraude bancaire de près d'un milliard de dollars. Ce système repose sur des sociétés écrans établies au Kirghizistan, à Hong Kong, en Turquie et dans plusieurs pays africains, et émet un stablecoin nommé A7A5 pour faciliter les flux de capitaux sans éveiller les soupçons. Selon un rapport conjoint d'OpenSource Center et de TRM Labs, A7 fonctionne comme une « machine à créer des entreprises » qui permet aux capitaux russes de transiter par les circuits financiers internationaux. Pour les banques et les plateformes de cryptomonnaies, traiter avec ces entités expose à des risques juridiques et réglementaires accrus. Ce réseau fantôme affaiblit concrètement l'impact des sanctions occidentales et oblige les autorités à renforcer la surveillance des juridictions à faibles exigences.