Taïwan veut criminaliser la contrebande de puces IA vers la Chine
Le gouvernement taïwanais prévoit de modifier sa loi sur le commerce extérieur pour faire du transport non autorisé de serveurs et de puces IA avancées vers la Chine un délit pénal, et non plus une simple infraction administrative. Le ministre de l'Économie Kung Ming-hsin a confirmé le projet au Bloomberg, qui étendrait les contrôles actuels (liste noire ciblant Huawei et SMIC depuis mi-2025) à un régime d'autorisation général pour tous les acheteurs chinois. Cette décision s'inscrit dans le sillage de l'accord commercial Taïwan-États-Unis de janvier 2025, qui a réduit les droits de douane américains de 20 à 15 % en échange de 250 milliards de dollars d'investissements taïwanais dans les semi-conducteurs et l'IA américains. En parallèle, les exportations taïwanaises de semi-conducteurs ont atteint un record de 87,2 milliards de dollars en septembre 2025, dopées par le boom de l'IA et la demande de puces Nvidia, malgré des réseaux de contrebande actifs en Asie du Sud-Est. Cinq mois plus tôt, Taïwan avait déjà procédé à sa première arrestation de trafiquants présumés de puces IA, mais sans disposer d'un outil pénal dissuasif. Ce durcissement pourrait priver la Chine d'accès aux technologies critiques tout en renforçant la position de Taïwan comme hub incontournable de l'IA.