La chute d'Haidilao met en lumière le risque fiscal de Pékin sur les trusts offshore
Le plongeon de l'action Haidilao, de 10 % à Hong Kong cette semaine, a été déclenché par l'annonce de la vente de 259 millions d'actions (4,65 % du capital) par Shu Ping, cofondatrice et épouse du président Zhang Yong, pour un produit estimé à 2,75 milliards de dollars de Hong Kong (351 millions de dollars américains). Bien que le groupe invoque des besoins personnels, les investisseurs relient cette cession à la nouvelle réglementation fiscale chinoise sur les trusts offshore (souvent domiciliés à Hong Kong, Singapour ou aux Îles Caïmans), qui exige la déclaration des actifs et le paiement des impôts avant l'expiration d'un délai de grâce de 90 jours en octobre. La valeur totale des trusts offshore détenant des participations significatives dans des sociétés chinoises cotées à Hong Kong est estimée à 28,5 milliards de dollars américains. Concrètement, cette affaire sert d'avertissement pour les investisseurs qui détiennent ou suivent des entreprises chinoises dont les fondateurs possèdent des richesses via des structures offshore : d'autres ventes similaires pourraient se produire, affectant les cours de sociétés comme Guming (en baisse de 8 % sur la semaine) ou Atour (en baisse de 4,4 %). L'enjeu est donc immédiat : d'ici octobre, des actionnaires de référence pourraient être contraints de céder des blocs d'actions pour financer leurs obligations fiscales, ce qui pèserait sur les valorisations à Hong Kong et aux États-Unis.