La Chine révise sa loi de mobilisation pour un conflit à grande échelle
Le 28 août, le Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire chinoise a adopté une révision de la loi sur la mobilisation nationale de la défense, qui entrera en vigueur le 1er octobre. Pour la première fois, le texte lie explicitement le mot « unité » à la mobilisation en temps de guerre, définissant celle-ci comme des mesures nécessaires pour assurer une transition rapide entre paix et conflit face aux menaces contre la souveraineté, l'unité, l'intégrité territoriale, la sécurité et les intérêts de développement. Selon des analystes taïwanais, cette modification sert de « guerre juridique » contre Taïwan, en habillant une éventuelle intervention militaire en affaire interne légalement défendable sur la scène internationale. La loi inclut désormais le terme « expropriation » pour les ressources civiles, et ne définit pas précisément les « intérêts nationaux », offrant à Xi Jinping une marge d'interprétation discrétionnaire. Cette révision prépare ainsi le terrain à une mobilisation totale de la société et de l'économie en cas de conflit, visant non seulement Taïwan mais aussi d'autres pays avec lesquels la Chine a des différends territoriaux (Philippines, Inde, Japon). En pratique, elle renforce le pouvoir exécutif et normalise l'idée d'un conflit de grande ampleur, changeant la donne pour les voisins asiatiques et la communauté internationale qui doivent intégrer ce nouveau cadre légal dans leurs calculs stratégiques.