Asie centrale : peut-elle préserver sa neutralité technologique entre Washington et Pékin ?
Les États-Unis s'apprêtent à demander à plusieurs dizaines de pays partenaires, dont les nations d'Asie centrale, de choisir entre les technologies américaines et chinoises. Cette injonction menace la politique « multi-vecteurs » que mènent depuis des années des États comme le Kazakhstan, l'Ouzbékistan ou le Kirghizistan, cultivant des alliances technologiques avec les deux superpuissances pour maximiser leur indépendance. Washington craint que les infrastructures 5G, les satellites et les réseaux de données centrasiatiques ne soient utilisés par Pékin à des fins de surveillance ou de projection stratégique. Pour les gouvernements locaux, perdre l'accès aux semi-conducteurs, logiciels ou équipements américains reviendrait à s'aliéner une source majeure d'investissement et de modernisation. Mais céder aux pressions chinoises les exposerait à des dépendances techniques lourdes et à un isolement diplomatique. Concrètement, cette décision force l'Asie centrale à arbitrer entre souveraineté numérique et maintien de relations équilibrées, dans un contexte où chaque camp exige une allégeance exclusive.